Полине Тургеневой - Письма 1859-1861 - Мемуары и переписка- Тургенев Иван Сергеевич

6(18) августа 1860. Вентнор

Ventnor.

Се 18 aout 1860.

Ma chere Paulinette, ta lettre m'a fait un grand plaisir en ce sens que je suis heureux de voir l'affection que te porte la G-sse Lambert1, qui est bien certainement une des meilleures personnes qu'il y ait au mondes je crains seulement qu'elle ne te gate en te caressant trop. Enfin, j'espere gue tu continueras a etre raisonnable. Admire ma politesse! Quant a Mme Weriguine, tu feras bien de ne l'ecouter que d'une oreille; c'est une fort bonne personne aussi - mais qui ne pense qu'a s'amuser et a se laisser faire un petit brin de cour! c'est pourquoi elle est si graeieuse avec tout le monde; il ne faut pas que tu t'imagines que ce qu'elle te dit est bien serieux; je suis sur qu'elle ne se doute pas meme de ton existence du moment ou elle ne t'a pas devant ses yeux; et quant a ce qu'elle t'a dit sur ton retour en Russie, sur la necessite pour toi d'apprendre le russe - un instant de reflexion te montrera les raisons de la conduite que j'ai suivi jusqu'a present. Il faut - helas! - que tu restes Franeaise, en tachant de l'etre aussi peu que possible2.

Je te conjure de ne pas te laisser distraire de ton tra-vail, malgre "la lassitude inconcevablet la faiblesse inimaginable" qu'il laisse apres soi. Puisque dans ta pension tu n'es entouree que d'ennemies comme Daniel dans la fosse aux lions3 - (qu'as-tu fait, bon Dieu! pour accumuler sur ta tete tant d'inimities farouches) - profite-s-en pour te livrer a l'etude du piano, en attendant que tu ailles a Courtavenel avec moi - ce qui aura lieu le 2 ou le 3 septembre4.

Il continue a faire un temps affreux - mais je vais bien. J'ecris a la C-sse Lambert pour la remercier de ses bontes... Dis-lui mille choses aimables de ma part, toi aussi - ainsi qu'a son frere a et a Mme Weriguine. Je t'embrasse avec tendresse.

Ton pere

J. Tourgueneff.

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