Полине Брюэр - Письма (Июнь 1867 - июнь 1868) - Мемуары и переписка- Тургенев Иван Сергеевич

28 августа (9 сентября) 1867. Баден-Баден

Bade.

Schillerstrasse, 7.

Ce 9 septembre 1867.

Ma chère Paulinette, Ta lettre est datée du 31 août et je ne l'ai reèue qu'hier1 - il doit y avoir eu ou erreur de ta part - ou bien la poste d'ici a fait des siennes - nous sommes ici dans tout l'ahurissement d'une saison exceptionnelle - enfin le principal est que j'ai de tes nouvelles et que je puis t'en envoyer de moi. Ma santé est bonne - la goutte fait la morte - j'ai commencé à chasser; de plus je me suis amusé à faire des petits libretti d'opéra que Mme Viardot a délicieusement mis en musique: l'un d'eux, nommé "Trop de femmes" - dans lequel Pomey joue un rôle de pacha, a eu un si grand succès qu'on l'a donné cinq fois et que la reine de Prusse a désiré le voir2. Les représentations se donnent sur un petit théâtre ad hoc arrangé dans le salon de ma nouvelle maison, que je n'habite pas et que je ne puis pas habiter de sitôt - par la simple raison que mon oncle, auquel j'avais de mon plein gré, donné, il y a dix ans, pour le cas de ma mort, une lettre de change de 50 000 francs, l'exige maintenant avec les intérêts - ce qui fait plus de 80 000 francs - et a commencé par mettre la séquestre sur tous mes biens3! C'est là la récompense de tout ce que j'ai fait pour lui! Tu comprends que ce n'est pas le moment d'entrer dans une maison, comme celle que j'ai fait bâtir et qui exige d'assez fortes dépenses4. Cette malheureuse maison m'a déjà fait bien du chagrin! En un mot, je reste chez Mme Anstett - et ne puis encore vous offrir l'hospitalité cette année-ci - à moins que vous ne vous contentiez des deux chambres que je puis mettre à votre disposition {Далее зачеркнуто: chez Mme} dans l'appartement de la Schillerstrasse. Je serais enchanté de vous y voir: seulement il faudra m'avertir d'avance, car j'ai dans ce moment Pietsch - le peintre de Berlin - qui demeure chez moi5.

Dis mille choses de ma part à Mme Innis. Je lui ai écrit dernièrement une lettre à Paris que j'ai bien regretté de ne pouvoir faire plus consolante §. Mille choses aussi à toute la famille: quant à Gaston et à toi, je vous embrasse bien tendrement. Comment vont les affaires, dimmi un po' - et ne suis<-je> pas en retrain de devenir grand-père?

Porte-toi bien.

Ton J. Tourguéneff.

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